
| Italcementi insère avec succès du e-learning dans son Master d'entreprise |
Italcementi vient de lancer son premier Master de Management avec l'Institut Politecnico de Milan et Crossknowledge. Les premiers diplômes seront décernés en 2004. Retour sur cette expérience originale qui recourt fortement à de l'apprentissage à distance avec Jean-Pierre Herbinier, Directeur Formation et Développement, qui coordonne ce projet. Vous faites partie des premiers groupes européens à proposer à vos cadres une formation interne diplômante. Pourquoi cette initiative ? Le groupe Italcementi recrute dans le monde entier des ingénieurs dont nous devons développer les compétences en management. La plupart ont en effet de fortes compétences techniques mais doivent apprendre le métier de patron pour accéder plus tard à des responsabilités croissantes. Les former correspond aux besoins de l'entreprise mais également à une demande très forte de ces populations. Dans les phases de recrutement, on nous demande en effet : « Que vais-je apprendre? », « comment allez vous me former? ». La politique de formation est donc l'un des moyens de se différencier lorsqu'on cherche à attirer des talents. D'où l'idée de faire un cycle diplômant, dont la valeur perçue est beaucoup plus forte qu'une formation classique, et qui représente également un signe important de reconnaissance. Il s'agit d'un Master reconnu internationalement que nous avons construit avec le Politecnico de Milan et qui intègre du e-learning avec Crossknowledge. Ses participants viennent des filiales du Groupe dans le monde entier. Quelle ingénierie pédagogique avez vous retenu ? Pourquoi y avoir inséré du e-learning ? Ce Master est composé de 3 niveaux successifs. Le niveau 1 correspond à un programme interne d'intégration. Le niveau 2 est le programme management proprement dit. Le niveau 3 est une formation action pour les populations plus senior de 35 à 40 ans. Pour donner de la souplesse au dispositif, des cours dits « électifs » peuvent être pris séparément dans d'autres universités. C'est dans le programme Management que nous avons introduit du e-learning. Le programme est composé de deux semaines de présentiel : une en Novembre, l'autre en Juin. Entre les deux, les participants travaillent à distance. Nous avons bâti avec Crossknowledge une inter-session assez dense de 25 modules sur des thèmes comportementaux destinés à prolonger la session de Novembre et sur le marketing pour préparer celle de Juin. Tous les modules e-learning viennent de Crossknowledge, choisi à la fois pour la qualité de ses contenus et leur capacité à être déployés techniquement sans problèmes dans tous les pays, grâce à leur technologie de CD ROM couplé avec Internet. Comment avez vous accompagné le dispositif ? L'accompagnement nous a paru crucial. Le système des conférences téléphoniques, animées par des consultants du réseau de Crossknowledge, aide à capitaliser sur les connaissances acquises et à soutenir les apprenants. Nous avons en revanche tutoré les apprenants nous-mêmes, moi et 3 autres personnes qui sont impliquées , à des titres divers dans le suivi de ce programme. J'ai dans mon bureau la photo de chaque participant ! Nous avons construit ainsi une relation au fil du temps avec chaque personne, en l'aidant à progresser et en répondant à ses questions tant techniques que pédagogiques. Il a fallu être disponible et réactif. Mais à la fin, nous avons vraiment eu le sentiment d'avoir contribué à construire une véritable communauté d'apprenants. Enfin, dernier volet de l'accompagnement, nous avons validé les acquis. Crossknowledge a conçu pour nous un questionnaire en ligne permettant de valider les acquis de chaque partie du programme e-learning. Et alors? quels ont été les résultats ? 87 % des participants ont réussi les tests conçus à partir des modules de Crossknowledge, qui n'avaient pourtant rien de faciles ! Certains ont donc dû passer des oraux de repêchage ! Nous avons par ailleurs vérifié, lors de la session de Juin, comment ils appliquaient les principaux concepts de management. Les participants devaient exposer des cas précis d'application des modules, en gestion du changement par exemple. Et quel a été le taux de suivi des modules ? 90 % des participants ont suivi tous les modules prescrits, totalisant chacun plus de 10 heures de connexion. C'est un résultat que je qualifierais d'excellent ! Surtout si vous considérez que 25 modules de 30 à 45 mn équivalent à 2 ou 3 semaines de formation en présentiel, le retour sur investissement est évident. Comment expliquez vous ces résultats ? Quels sont les facteurs-clés de succès à retenir selon vous ? Je crois d'abord que cette formation avait un véritable enjeu, puisqu'elle permet d'avoir un diplôme en bout de course. Deuxième clé, le suivi des apprenants et l'animation par les conférences téléphoniques. Les participants doivent comprendre qu'ils sont accompagnés, que nous nous préoccupons de la manière dont ils utilisent les modules e-learning. C'est sans doute plus puissant lorsque le tutorat est réalisé par des personnes de l'entreprise plutôt que par un prestataire, surtout pour ce type de populations. Troisième clé à mon avis, le caractère plaisant des contenus. Il est impossible de demander à un cadre confirmé d'apprendre des heures durant sur du texte en ligne. Le côté multimédia, la vidéo, la durée ni trop courte ni trop longue, etc., ont beaucoup plu aux apprenants et le e-learning n'est pas apparu du coup comme une contrainte. Quel avenir voyez vous au e-learning dans le groupe Italcementi ? Je crois que cette expérience a permis de banaliser le e-learning. D'autant plus que nous avons également expérimenté une webconference avec un professeur du Politecnico. A l'issue du parcours, les cadres participants sont devenus des fervents défenseurs de l'apprentissage et du travail à distance. C'est une nouvelle culture que nous souhaitons développer dans un groupe aussi internationalisé que le nôtre. Nous allons donc y recourir de plus en plus, notamment pour gagner du temps et renforcer l'efficacité des stages présentiels actuels. Retour Newsletter Octobre 2003
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